Archives de catégorie : Elodie a lu

Le Jardin, Paris, de Gaëlle Geniller

Le jardin est en cabaret parisien au succès grandissant où les danseuses portent un nom de fleur. Rose grandit au milieu de toutes ces femmes et c’est imprégné de leur grâce et de leur beauté qu’il monte sur scène à son tour.

Dans le Paris des années 20 sublimé par l’esthétisme de l’Art Nouveau, le talent de ce jeune homme éclot et s’épanouit telle une fleur délicate et puissante.

Un roman graphique magnifique tant par son illustration que par son histoire, doux et bienveillant, porteur d’un message de liberté, d’acceptation de soi, de solidarité, de respect… une lecture qui fait du bien aux yeux et au cœur.

Trop Humain, Anne Delaflotte-Mehdevi

Dans cette petite commune sur le déclin, les habitants du cru voient d’un œil contrarié les nouveaux venus de la ville qui s’installent en communautés aux alentours et surtout l’arrivée d’un incroyable Assistant de Vie Electronique. Derrière le comptoir de l’unique et antique bar, Suzie voit et entend tout, « fascination naïve, envie de possession frustrée du bel artefact, revendication d’une détestation de principe… » Elle-même est assez partagée face à cette machine si proche de l’humain. Bientôt, elle lui confie des souvenirs choisis, la mémoire des siens, et à travers son histoire c’est celle de tout un village et de la France rurale qui se déroule par petites touches.

Un roman porté par une héroïne émouvante et attachante, qui nous plonge en pleine ruralité moderne, dans un petit village ancré dans son passé avec ses commerces figés et ses ragots, mais aussi chamboulé par l’arrivé de néo-ruraux et de la modernité.

Combien de cœurs, de Nawal El Saadawi

Petite fille empêchée par la tradition, la religion et la loi, corps adolescent convoité et dominé par les intérêts du patriarcat, soumis par une mère à la fois prisonnière et geôlière, l’héroïne refuse de se minimiser et de se soumettre.

« Je rejetterais ma féminité, je défierais ma nature, je résisterais à tous les désirs de mon corps… Je prouverais à ma mère que j’étais plus intelligente que mon frère, plus intelligente que n’importe quel homme et que je pouvais faire tout ce que mon père faisait et même davantage… Je prouverais à la nature que je pouvais vaincre ce corps frêle dont elle m’avait doté et ses parties honteuses, tant internes qu’externes. Je l’emprisonnerais dans une cellule que je concevrais à la force de mon intelligence et de mon esprit, et ne lui laisserait aucune chance de me reléguer au rang de femme illettrée. »

Elle décide de devenir médecin et « démystifie la masculinité à qui elle a eu affaire en tant que corps, un corps comme un autre, fragile, défaillant et mortel, dépendant de son savoir pour sa survie. »

J’aimerai tant que tu sois là, de Jodi Picoult

Alors que l’épidémie de COVID menace et que Finn est réquisitionné à l’hôpital, Diana maintient ses vacances aux Galapagos. Mais sitôt arrivée, l’île ferme ses frontières et se confine. La voilà seule, sans hôtel, ni valise, ni réseau, dans un pays dont elle ne parle pas la langue… Elle qui a toujours planifié son existence se retrouve pour la première fois dépossédé de tout, sans objectifs à remplir. C’est l’occasion de se poser, de faire le point et, peut-être, de remettre en question ce qu’elle croyait acquis à son bonheur.

Une belle histoire de femme qui s’interroge sur ce qui fait son bonheur et le sens donner à sa vie, à un moment où le destin l’oblige à faire une pause dans un quotidien bien réglé et lui donne l’occasion pourquoi pas d’un nouveau départ… Un roman qui peut de prime abord paraitre assez convenu mais, à son habitude, Jodi Picoult nous surprend par un retournement de situation qui pimente la lecture !

Une nuit particulière, Grégoire Delacourt

Cette nuit, après trente ans d’amour fou, le mari d’Aurore la quitte. Au désespoir, elle aborde un inconnu, “Emmenez-moi”. Lui aussi a besoin d’une distraction, d’oubli. Sans se connaître, ils partagent le temps d’une nuit un présent absolu. “Deux êtres qui passent, deux nuits qui se croisent et se télescopent, et pourquoi ne pas tenir ainsi jusqu’à l’aube, et pourquoi ne pas disparaître en silence dans le bruit des autres, et pourquoi ne pas se dire ce qu’on n’ose jamais, s’aimer comme on n’ose pas, c’est à dire sans raison“.

Un roman d’amour sans vraiment l’être, qui nous emporte dans l’errance de deux êtres brisés qui vont s’abandonner, se fuir et fuir la violence de leurs vies, le temps d’une parenthèse, d’une nuit suspendue.

L’île du lac, d’Arnaud Rykner

Une île anonyme au milieu d’un lac. Un homme y vit, seul, hors du monde, hors du temps, dans un monde qui semble suspendu, en symbiose et en paix.

Et le lac.
Et au milieu du lac, l’île.
Dans l’île, lui.
Quoi de plus demander ? Quoi vouloir de plus ?
Quelle chance.
Il se dit encore : tout est là.
D’autres voudraient du bruit et du mouvement.
D’autres voudraient de la vitesse, de la richesse.
Lui ne veut rien. Il veut ça
.”

Un poème narratif sur le temps et un hommage à la culture japonaise qui sonne avec la beauté des haïkus.

Fille en colère sur un banc de pierre de Véronique Ovaldé

Aïda a quitté son île natale et sa famille depuis bien des années et ne s’attend pas à ce qu’on la prévienne de la mort de son père. Elle décide d’y retourner, se confronter à ses sœurs, au silence, à la disparition de Mimi lorsqu’elle était enfant, qu’on ne lui jamais pardonnée. Le passé va remonter, et avec lui, peut-être, la résolution de cette disparition.

Un roman prenant qui nous plonge dans les silences et non-dits d’une famille frappée par la tragédie.

Prends ma main, de Dolen Perkins-Valdez

Alabama, années 70.
La jeune Civil entre comme infirmière dans un planning familial, désireuse de venir en aide aux femmes les plus démunies. Mais bien vite elle s’interroge sur les méthodes et les produits auxquels sont soumises les patientes. Elle se prend d’affection pour deux fillettes et va se battre pour leur rendre justice et faire changer les choses.

Une passionnante histoire, qui s’inspire de faits réels, et met au jour différents scandales sur des abus en matière de santé publique, dans un système basé sur la confiance qui profite de la pauvreté et de l’analphabétisme de leurs patients pour mener des études ou des pratiques immorales sous couvert de soins…

La carte postale, Anne Berest

Dix ans après que sa famille ait reçu une mystérieuse carte postale, ne comportant que les noms de ses ancêtres déportés lors de la seconde guerre mondiale, la narratrice se lance dans une enquête pour découvrir à la fois l’auteur de cette carte mais aussi les parcours de ses ancêtres.

Un récit qui nous offre une plongée dans l’histoire familiale de l’autrice, qui s’entremêle à la grande histoire, de leur fuite de la Russie dans les années 30, rattrapé par les horreurs de la seconde guerre mondiale, jusqu’au silence et la parole qui se libèrent enfin aujourd’hui.

Fils de personne, de Jean-François Pasques

Enlisé dans son enquête sur les disparitions de trois femmes, le commandant Delestran se voit confier le cadavre d’un homme retrouvé dans un bassin du jardin des Tuileries. Très vite, la piste de l’accident est écartée…
Deux enquêtes qui nous entraînent au cœur d’un service de police dont l’organisation est chamboulée par l’arrivée d’une psychologue.