Archives de catégorie : ♥ Choix des libraires ♥

La rivière de peter heller

Dans le Nord du Canada, Wynn et Jack se lancent dans une aventure en canoé attendue de longue date, la descente du fleuve Maskwa.

Animés par l’énergie de leur jeunesse, complémentaires et unis par une solide amitié parfois teintée d’une certaine rivalité “virile” sur les questions de pêche et de lecture de la nature qui les entoure, tous les éléments semblent réunis pour que les deux garçons profitent d’une belle promenade bucolique à travers des paysages sublimes et sauvages.

Si Jack avait la vue aiguisée d’un chasseur, Wynn avait beaucoup plus d’expérience en eaux vives et remarquait les lignes et les trous dans les rapides, là où Jack ne voyait que le chaos (…)

Mais, ce roman est signé Peter Heller, tout n’est donc pas si idyllique ! Et l’excursion au grand air prend rapidement une toute autre dimension… Alors qu’un immense brasier enflamme la forêt, les deux hommes devront faire face à l’urgence pour sauver leur peau.

Face aux dangers qui les menacent, chacun découvre chez l’autre un visage jusqu’alors inconnu et la tension va crescendo avec les épreuves que la situation de plus en plus compliquée leur impose. Le froid, la faim et les aléas de cette bonne vieille nature humaine, rien ne leur sera épargné.

Peter Heller, dans ce quatrième roman traduit chez Actes Sud confirme encore une fois que son amour de la nature et de l’aventure n’a d’égal que son goût pour le roman noir. Une descente de rivière vertigineuse qui fait rimer supense, poésie et “nature writing” sans jamais se départir d’une solide humanité… Laissez-vous embarquer !

Je vais enfoncer une porte (facilement) ouverte et vous dire que tout cela à un petit goût de “Délivrance” (avis aux amateurs ! pas de banjo mais quelques notes de guitare)… et une pensée également pour le “Sukkwan Island” de David Vann.

Du même auteur, La Constellation du chien (Actes Sud, 2013), Peindre, pêcher et laisser mourir (Actes Sud, 2015) et Céline (Actes Sud, 2015 et 2019).

Livres venus du froid

Pour une émission radio, nous avons sélectionné parmi nos coups de cœur 4 livres venus du froid… on vous mets le lien vers l’émission :

Six fourmis blanches, de Sandrine Collette
> http://defilenpage.fr/six-fourmis-blanches-de-sandrine-collette/

Encabanée, de Gabrielle Fliteau Chiba
> http://defilenpage.fr/encabannee-de-gabrielle-fliteau-chiba/

De pierre et d’os, de Bérangère Cornut
> http://defilenpage.fr/de-pierre-et-dos-de-begrangere-cornut/

Grand blanc, Adèle Tariel, Jérôme Peyrat
> https://hop.librairesdusud.com/livre/9782371650664-grand-blanc-adele-tariel-jerome-peyrat/

Les papillons, de Barcella

Alexandrin, doux rêveur, désenchante lorsqu’il prend conscience que ses papillons ont disparu.
Je les savais ici depuis ma tendre enfance, fidèles et valeureux. Les papillons n’étaient plus là ! Ils avaient déserté mon ventre.”
Ces petits frémissements qui palpitaient au creux du ventre ont laissé place au vide. Il faut les retrouver, réapprendre à aimer. C’est alors qu’arrive Marie…
Comme descendue des cimes où résident les étoiles, telle une épiphanie. Elle s’appelait Marie. C’est l’anagramme d’aimer. Je l’ignorais alors. Je le sais à présent.

Un roman lumineux et enjoué, doux et léger comme une aile de papillon, à la poésie qui fond comme un bonbon sous la langue.

Les printemps sauvages de Douna loup

Olo, une enfant solitaire dans une nature bienveillante et une mère en repli dans des souvenirs douloureux. La quête commune du frère inconnu pour l’une et fils perdu pour l’autre les conduira à quitter les abords de leur mare et à prendre la route. Débutent quatre années d’une vie nomade, de nuits dans les bois à celles dans une cabane construite de leurs mains, de travail au grand air dans les champs aux boulots alimentaires à l’usine, de la verdure confortable de la forêt au gris inquiétant des villes…

Apprentissage des savoirs et des gestes au gré des lieux et des rencontres, croissance et puberté avec un corps à apprivoiser, les étapes de la vie de Olo s’enchainent dans un rapport omniprésent et profondément respectueux à la nature. Au terme de cette errance fondatrice, Olo devenue femme prend un premier envol et découvre l’amour dans les bras de Barnabée…

La rencontre avec un groupe d’activistes pacifistes et volontaires, prêts à inventer une vie pour “habiter” la terre sans l’abimer, le retour de son frère dans sa vie, anarchiste au noble sens du terme seront parmi les multiples sources venues nourrir et dessiner la philosophie de vie à laquelle Olo va aspirer…

Je marche sur les sentes sauvages du monde et je remercie la nature qui est l’image de cette coexistence simple et tranquille de tout, qui est la luxuriante variété des espèces, la toute acceptante, la terre ne refuse pas à un chardon là où l’homme refuse sa colère, ses pensées ou ses sensations.

Un roman inspiré, de Antoine Wauters à Baptiste Morizot… Un texte “manifeste” inspirant un infini respect pour le vivant sous toutes ses formes…Une presque certitude en refermant le livre : l’ensauvagement pourrait être l’étape ultime de l’humanité…

Le livre des deux chemins, de Jodi Picoult

Rescapée d’un accident d’avion, Dawn part sur un coup de tête en Égypte, sur le lieu de fouilles où elle avait travaillé, étudiante. De retour à Boston, reprend le cours de son ancienne vie alors qu’elle a failli s’interrompre. Elle retrouve son mari, sa fille, son travail d’accompagnatrice de fin de vie. Rien n’a changé, c’est toujours la même routine. Vraiment ?

Un roman passionnant qui distille égyptologie et physique quantique en interrogeant sur les choix qui orientent notre vie et les différents destins que nous aurions pu connaître.

Les anciens égyptiens pensaient que le chaos était le premier ingrédient indispensable de l’univers. Il pouvait tout balayer sur son passage, mais c’était aussi l’endroit où l’on pouvait repartir de zéro.”

Ce que nous devons au vent, Laura Imai Messina

Yui et Takeshi se rencontrent dans le jardin de Bel Guardia, où se dresse le téléphone du vent. Cette ancienne cabine téléphonique est devenue un lieu unique, fréquenté par centaines de personnes notamment suite au tsunami de 2011. Un outil dont chacun usait à sa manière pour faire son deuil, un endroit où panser sa blessure et réparer sa vie. MrSuzuki veille avec bienveillance sur ce jardin et les nombreux visiteurs qui s’y rendent.

Un roman plein de douceur comme une métaphore rappelant qu’il est précieux de s’accrocher aussi bien au bonheur qu’à la peine. Même face aux pertes que la vie nous impose, nous pouvons nous ouvrir à tous les cadeaux qu’elle nous fait.

Juste un mot, de Frédéric Vinclère

Tout commence quand Lou-Victor laisse un mot au fond de la tirelire de son frère à la place de son argent. Paul lui répond et les deux frères, qui n’ont jamais été aussi proches que maintenant qu’ils sont éloignés, entament une correspondance dans laquelle ils vont se confier, et s’épauler.

Un super roman qui parle d’amitié et d’entraide, mais aussi du passage de l’enfance à l’adolescence.

La faim de leur monde de Akhenaton

“Je suis fatigué de chanter les mêmes problèmes, trente ans !”

2006… “La fin de leur monde”, les voix engagées de Akhenaton et Shurik’n résonnaient déjà à nos oreilles pour dénoncer un monde en pleine décomposition.
Est ce qu’on a vraiment cru qu’on irait vers le mieux ?… ou n’étions-nous “intellectuellement” pas prêts à envisager que ça pourrait être pire ?
L’espoir semblait encore permis : le, “ça ne peut qu’aller mieux.” qui achevait le morceau laissait entrevoir une possible prise de conscience…
Triste constat, 15 ans après…
“La faim de leur monde” est l’expression du combat qui continue et s’intensifie, malgré cette lassitude qui s’installe face à l’immobilisme et l’indifférence.
La plume toujours acérée de Akhenaton “ne lâche pas le morceau”, dénonce et alerte toujours et encore.
Le texte, dans la fantastique collection L’Iconopop, sera disponible dès demain dans votre librairie. Et la version musicale est à écouter en scannant le code fourni avec le livre !
AKHENATON

https://www.facebook.com/watch/?v=784862552455574

Maison-tanière de pauline delabroy-allard

“Je ne réponds plus à personne
Dans la maison tanière aphone
La solitude la retraite le recueillement
J’essaye de faire ça bien
Mais je monte le son
Quand je pense à toi”

De la naissance de son premier roman au nécessaire ressourcement après la publication de “Ça raconte Sarah”, Pauline Dlbroy-Allard nous ouvre sa maison tanière et les “rituels” qui ont été les siens dans ces deux moments de vie.
Visite guidée poétique et photographique de ses sources d’inspiration et de ses souvenirs, on se balade entre vinyls et vieux plafonds dans un texte intime et intimiste.
En refermant ses pages, effets secondaires constatés : une profonde envie de se poser à notre tour dans une tanière bien à nous.
L’Iconopop