Archives de catégorie : ♥ Coups de coeurs d’Elodie ♥

Les papillons, de Barcella

Alexandrin, doux rêveur, désenchante lorsqu’il prend conscience que ses papillons ont disparu.
Je les savais ici depuis ma tendre enfance, fidèles et valeureux. Les papillons n’étaient plus là ! Ils avaient déserté mon ventre.”
Ces petits frémissements qui palpitaient au creux du ventre ont laissé place au vide. Il faut les retrouver, réapprendre à aimer. C’est alors qu’arrive Marie…
Comme descendue des cimes où résident les étoiles, telle une épiphanie. Elle s’appelait Marie. C’est l’anagramme d’aimer. Je l’ignorais alors. Je le sais à présent.

Un roman lumineux et enjoué, doux et léger comme une aile de papillon, à la poésie qui fond comme un bonbon sous la langue.

Le livre des deux chemins, de Jodi Picoult

Rescapée d’un accident d’avion, Dawn part sur un coup de tête en Égypte, sur le lieu de fouilles où elle avait travaillé, étudiante. De retour à Boston, reprend le cours de son ancienne vie alors qu’elle a failli s’interrompre. Elle retrouve son mari, sa fille, son travail d’accompagnatrice de fin de vie. Rien n’a changé, c’est toujours la même routine. Vraiment ?

Un roman passionnant qui distille égyptologie et physique quantique en interrogeant sur les choix qui orientent notre vie et les différents destins que nous aurions pu connaître.

Les anciens égyptiens pensaient que le chaos était le premier ingrédient indispensable de l’univers. Il pouvait tout balayer sur son passage, mais c’était aussi l’endroit où l’on pouvait repartir de zéro.”

Juste un mot, de Frédéric Vinclère

Tout commence quand Lou-Victor laisse un mot au fond de la tirelire de son frère à la place de son argent. Paul lui répond et les deux frères, qui n’ont jamais été aussi proches que maintenant qu’ils sont éloignés, entament une correspondance dans laquelle ils vont se confier, et s’épauler.

Un super roman qui parle d’amitié et d’entraide, mais aussi du passage de l’enfance à l’adolescence.

Kitty, T1 : Au clair de la lune, de paula Harrison

Kitty appartient à une famille un peu spéciale : sa mère est une super-héroïne qui enfile un costume de chat à la nuit tombée et part aider ceux qui en ont besoin. Kitty aimerait bien l’imiter, mais elle a trop peur du noir. Jusqu’au jour où un chat vient réclamer de l’aide… Kitty prend alors son courage à deux mains et ose braver sa peur !

Une belle histoire pleine d’aventure et de bienveillance, qui parle de courage et d’entraide. Le texte est souligné par de belles illustrations.

A lire tout seul à partir de 8 ans.

Quarantaine, de Peter May

Dans une Londres isolée et paralysée suite à une épidémie meurtrière, MacNiel se voit confier une dernière enquête avant son départ de la police : des ossements d’enfants ont été découverts abandonnés dans un chantier.

Un policier haletant mené par un flic désabusé sur les traces d’une sombre machination, dans une ville en quarantaine.

Anaïs Nin, sur la mer des mensonges de leonie bischoff

Anaïs Nin est née en France de parents d’origine cubaine, « déracinée » après leur séparation en 1914, elle vit auprès de sa mère et ses frères et sœurs à New-York. Elle se marie au début des années 1920 avec Hugh Parker Guiler, jeune et prometteur banquier, et revient s’installer en banlieue parisienne à ses côtés. C’est là qu’elle fera la connaissance de Henry Miller…

Le parcours d’émancipation d’une femme hors du commun pour son époque et le milieu social auquel elle appartient. Jeune fille « de bonne éducation », Anaïs sent le manque et les limites qui la cloisonnent dans un personnage qui ne lui permet pas d’exprimer les différents aspects d’une personnalité complexe et profondément sensuelle.

Indissociable du « Journal » auquel elle s’astreint quotidiennement, sorte de miroir libérateur et sublimant de celle qu’elle aspire à être, elle s’ennuie et s’enlise pourtant dans un rôle d’épouse.

« Si je ne me crée pas un monde par moi-même et pour moi-même, je mourrai étouffée par celui que d’autres définissent pour moi. »

Sa rencontre avec Henry Miller agit comme une naissance à elle-même et libère à la fois la femme et l’auteur que nous connaissons aujourd’hui.

Des amants, des maîtresses, une sexualité sulfureusement épanouie, l’inceste, la danse, l’expérience de la psychanalyse et l’écriture, toujours l’écriture jalonnent ce portrait d’une femme libre, indifférente aux tabous et tumultueusement inspirante…

« Je peux maintenant aimer un homme comme un égal. Comme un amant et un créateur. Et je choisis d’être moi aussi le créateur.

Je ne serai jamais parfaite.

Je ne serai jamais une seule femme, ou l’amante d’un seul homme.

Je vais vivre ces multiples vies, explorer les milles facettes de mon être, et vivre avec passion, de toutes mes forces. »

Le dessin de Léonie Bischoff semble cousu sur mesure tant il est difficile en refermant ce roman graphique de ne pas imaginer la véritable Anaïs Nin telle qu’elle apparaît dans ses pages. Son coup de crayon sublime l’imagerie et les couleurs des années 1930, et l’érotisme et la sensualité qui se dégagent de ses planches sont d’une beauté lumineuse.

Un immense coup de cœur…

https://www.franceinter.fr/emissions/une-journee-particuliere/une-journee-particuliere-11-octobre-2020

Le Démon de la colline aux loups de Dimitri rouchon-borie

« (…) c’est pas parce qu’on a mis un pont au-dessus du ravin qu’on a bouché le vide. »

La Colline aux Loups ou la maison de l’horreur. C’est entre ses murs que débute le récit d’un garçon qui ne connaît pas son nom, qui deviendra Duke, qui deviendra un homme qui raconte sa lutte incessante contre « le démon ».

« La Colline aux Loups c’était déjà une prison bien pire que tout imaginez-vous sous l’eau depuis le jour de votre naissance en attendant une bouffée d’air qui ne vient pas ma vie c’est ça. »

Arraché au « nid » (seule bulle de douceur qu’il n’ait jamais connue) par la justice chargée de le protéger lui et ses frères et sœurs « des punitions » infligées par des parents toxiques et maltraitants, doux euphémisme, Duke, enfant déjà détruit, entame un parcours compromis avant même d’avoir débuté. La violence comme seule réponse face à celle subit le plonge dans un engrenage sans échappatoire et chacun de ses choix, déterminé par un passé insurmontable, l’enlise toujours plus loin de toute forme de salut. Qu’en est-il alors de la compassion de ceux qui regardent et jugent ?

Quête impossible, « la rédemption », à laquelle il lui est néanmoins inconcevable de renoncer pour pouvoir enfin éradiquer « le démon » et briser la boucle.

« Il faut comprendre que c’est trop dur de demander à un enfant qui a enduré d’avoir en plus la force de faire les bons choix c’est comme si vous demandiez à l’éclopé de marcher mieux que les autres. »

C’est derrière les barreaux d’une prison, celle des hommes mais sans doute aussi celle de sa propre vie, que Duke, face à la mort et avec son propre « parlement », livre son histoire et interroge la question du bien et du mal « à l’ombre » de sa capuche et des textes de Saint Augustin.

Une claque ! Tant le terme de « coup de coeur » semble peu approprié pour parler de ce premier roman aussi magistral qu’éprouvant.

Marie-Lou-le-monde, de Marie Testu

“Tout commence et
Tout finit toujours par
Marie-Lou”

Marie-Lou entre dans sa vie avec fracas. Solaire et lumineuse. C’est un coup de foudre, un amour adolescent puissant et sans restriction, gravé au plus profond du cœur et du corps de la narratrice. Elles sont libres, insouciantes. L’été est là, la fin de l’année approche. Après, plus rien ne sera pareil.

Un poème-chant d’amour passionnel, puissant, incandescent, vertigineux. Une seule phrase qui se déroule comme une vague qui emporte tout sur son passage.

Poétique, superbe et fantastiquement vivant…

“J’imagine l’avenir avec Marie-Lou
C’est un saut dans le vide
C’est un feu dans les paumes
Et je préfère ça
Pour l’instant à n’importe quoi
Car je n’imagine pas la mort
Avec Marie-Lou rien ne peut
Faillir