Archives de catégorie : Poésie

Howl de Allen Ginsberg

J’ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus
se trainant à l’aube dans les quartiers noirs en quête d’un furieux shoot,
initiés à gueules d’anges brûlant pour l’antique lien céleste avec la dynamo étoilée dans la machinerie de la nuit (…)

Nouvelle traduction de Nicolas Richard aux éditions Christian Bourgois (version originale en seconde partie de recueil) pour ce monument de la poésie américaine publié pour la première fois en 1956. Qualifié d’obscène et d’abord censuré dans un pays qui est encore loin d’en avoir terminé avec le puritanisme, “Howl” continuera d’être diffusé suite à un arrêt de 1957 rendu par le juge Clayton W. Horn et deviendra le recueil “culte” de la Beat Generation, emblématique mouvement de la contre culture américaine porté par Ginsberg, Kerouac et Burroughs.

Créatif et libertaire dans sa forme, ce texte halluciné dévale les pentes de l’âme humaine entre grandeur et décadence, lyrisme et brutalité crue et le flot des mots vous menotte à sa lecture de la première à la dernière ligne. Respirez un grand coup avant de poser les yeux sur la première page, vous ne reposerez pas le livre avant de l’avoir frénétiquement terminé.

Intemporel cri de rage contre une Amérique dévorée par les inégalités sociales, le racisme et la violence du système capitaliste, brûlot incendiaire contre une société qui écrase tout ce qu’elle considère comme marginal, “Howl” n’a rien perdu de sa force pour celles et ceux qui le découvriront aujourd’hui.

En librairie le 22 septembre 2022.

Plus de likes que d’amour de Dorian Masson

“Sur les draps noirs

ton soutien-gorge Blanc

Comme j’aimerais que tu le remettes

Pour te l’enlever

Encore

Pour ou contre les soutien-gorges, peu importe.

En revanche, je parie que vous serez entièrement pour ce texte. Un vrai crève-cœur de n’en relever que quelques lignes pour titiller votre curiosité et ne pas déflorer tout le livre.

À chaque page, la magie opère qu’elle vous serre les entrailles ou vous colle le sourire… À l’heure du numérique, des trucs qui vont vite, des gens qui s’éloignent les uns des autres, ça fait du bien de parler d’amour/des amours avec des hauts, des bas et même des travers : la vie, quoi !

Une petite pépite dans l’une de nos collections favorites, “L’iconopop”.

Et pour suivre l’auteur sur Instagram, c’est par ici

https://www.instagram.com/n0zam/

La faim de leur monde de Akhenaton

“Je suis fatigué de chanter les mêmes problèmes, trente ans !”

2006… “La fin de leur monde”, les voix engagées de Akhenaton et Shurik’n résonnaient déjà à nos oreilles pour dénoncer un monde en pleine décomposition.
Est ce qu’on a vraiment cru qu’on irait vers le mieux ?… ou n’étions-nous “intellectuellement” pas prêts à envisager que ça pourrait être pire ?
L’espoir semblait encore permis : le, “ça ne peut qu’aller mieux.” qui achevait le morceau laissait entrevoir une possible prise de conscience…
Triste constat, 15 ans après…
“La faim de leur monde” est l’expression du combat qui continue et s’intensifie, malgré cette lassitude qui s’installe face à l’immobilisme et l’indifférence.
La plume toujours acérée de Akhenaton “ne lâche pas le morceau”, dénonce et alerte toujours et encore.
Le texte, dans la fantastique collection L’Iconopop, sera disponible dès demain dans votre librairie. Et la version musicale est à écouter en scannant le code fourni avec le livre !
AKHENATON

https://www.facebook.com/watch/?v=784862552455574

Maison-tanière de pauline delabroy-allard

“Je ne réponds plus à personne
Dans la maison tanière aphone
La solitude la retraite le recueillement
J’essaye de faire ça bien
Mais je monte le son
Quand je pense à toi”

De la naissance de son premier roman au nécessaire ressourcement après la publication de “Ça raconte Sarah”, Pauline Dlbroy-Allard nous ouvre sa maison tanière et les “rituels” qui ont été les siens dans ces deux moments de vie.
Visite guidée poétique et photographique de ses sources d’inspiration et de ses souvenirs, on se balade entre vinyls et vieux plafonds dans un texte intime et intimiste.
En refermant ses pages, effets secondaires constatés : une profonde envie de se poser à notre tour dans une tanière bien à nous.
L’Iconopop

Le coeur pur du barbare de Thomas vinau

« Flash info

Hier

est devenu

aujourd’hui

aux dernières nouvelles

l’opération serait

concluante »

Thomas Vinau qu’on ne vous ne présente plus… auteur à la hauteur du minuscule et du peu. Magicien d’une poésie simple et douce qui tricote avec l’instant, il transforme les petits riens et les questions de ceux qui doutent, en bribes scintillantes… À la manière d’un Pierre Sansot (« Les gens de peu »), il met en lumière avec douceur et bienveillance les moments qui échappent à la performance et au matériel.

Chaque moment de lecture est comme un bol de chocolat chaud devant une cheminée quand il neige, une lumière qui sublime le quotidien et nous ramène à l’essentiel.

Et bien, nous on dit, ENCORE !

De la poésie, qui a en partie commencé son chemin aux éditions Gros textes et Le Pédalo Ivre ainsi qu’un ensemble de textes inédits, compose cet ouvrage qui inaugure la collection Poche Poésie aux éditions du Castor Astral.

Dans la même collection, « Les Ronces » de Cécile Coulon, , une autre pépite poétique à découvrir ou à redécouvrir…

« À travers le pare-brise

On prendrait la voiture

on irait n’importe où

en chantant fort et faux

les chansons de la radio

on verrait l’horizon

à travers le pare-brise

pendant que le soleil

me donnerait des coups

entre le coude et le poignet

tu aurais les pieds nus

tu boirais à la bouteille

et une goutte coulerait

sur ta joue »