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Solak, de Caroline Hinault

Solak, ultime petit bout de terre dans l’extrême grand nord. Trois hommes y vivent isolés, deux soldats aux passés troubles et un scientifique. Il y en avait un quatrième, qui s’est suicidé. Arrive une jeune recrue pour le remplacer, muette. Sa présence, enrobée de silence, et la grande nuit d’hiver qui approchent exacerbe les tensions.

Un roman noir qui nous plonge dans la rudesse de ce désert blanc dans un huis clos haletant où plane la menace d’un drame.

Une mission tellement conne qu’elle en devenait sublime, garder un drapeau sur un glaçon, revendiquer la propriété du blanc et du vide.

Le désert des couleurs, d’Aurélie Wellenstein

Depuis des siècles, le monde est recouvert d’un immense désert multicolore qui vole les souvenirs de quiconque s’y aventure. Réfugiés au cœur d’un ancien volcan, les hommes sont menacés par la progression des dunes et envoient deux des leurs en quête d’un paradis légendaire. Kabalrai accompagne sa demi-sœur, chargé de veiller sur ses souvenirs et de les recueillir quand le désert les lui arrachera, dépositaire de ses souvenirs, de ses joies comme de ses plus sombres secrets.

Une aventure qui les conduit à dépasser leurs limites aussi bien dans leur lutte contre les éléments que dans celle, plus retorse, contre l’amnésie : qu’est-ce qui constitue notre identité et que sommes-nous sans nos souvenirs ?

La rivière de peter heller

Dans le Nord du Canada, Wynn et Jack se lancent dans une aventure en canoé attendue de longue date, la descente du fleuve Maskwa.

Animés par l’énergie de leur jeunesse, complémentaires et unis par une solide amitié parfois teintée d’une certaine rivalité “virile” sur les questions de pêche et de lecture de la nature qui les entoure, tous les éléments semblent réunis pour que les deux garçons profitent d’une belle promenade bucolique à travers des paysages sublimes et sauvages.

Si Jack avait la vue aiguisée d’un chasseur, Wynn avait beaucoup plus d’expérience en eaux vives et remarquait les lignes et les trous dans les rapides, là où Jack ne voyait que le chaos (…)

Mais, ce roman est signé Peter Heller, tout n’est donc pas si idyllique ! Et l’excursion au grand air prend rapidement une toute autre dimension… Alors qu’un immense brasier enflamme la forêt, les deux hommes devront faire face à l’urgence pour sauver leur peau.

Face aux dangers qui les menacent, chacun découvre chez l’autre un visage jusqu’alors inconnu et la tension va crescendo avec les épreuves que la situation de plus en plus compliquée leur impose. Le froid, la faim et les aléas de cette bonne vieille nature humaine, rien ne leur sera épargné.

Peter Heller, dans ce quatrième roman traduit chez Actes Sud confirme encore une fois que son amour de la nature et de l’aventure n’a d’égal que son goût pour le roman noir. Une descente de rivière vertigineuse qui fait rimer supense, poésie et “nature writing” sans jamais se départir d’une solide humanité… Laissez-vous embarquer !

Je vais enfoncer une porte (facilement) ouverte et vous dire que tout cela à un petit goût de “Délivrance” (avis aux amateurs ! pas de banjo mais quelques notes de guitare)… et une pensée également pour le “Sukkwan Island” de David Vann.

Du même auteur, La Constellation du chien (Actes Sud, 2013), Peindre, pêcher et laisser mourir (Actes Sud, 2015) et Céline (Actes Sud, 2015 et 2019).