Archives par mot-clé : Roman

Le lac de nulle part, de Pete Fromm

Après deux ans sans nouvelles, Trig et Al sont invités par leur père pour une dernière expédition. Ils s’embarquent pour un mois de camping et de canoë sur les lacs canadiens, comme au bon vieux temps. Mais très vite l’aventure semble plus hasardeuse qu’il n’y parait, surtout avec l’approche du froid en ce mois de novembre. Entre plaisir de se retrouver et souvenirs qui remontent, le doute s’installe quant au véritable but de leur périple.

Un roman au suspens croissant avec des personnages rattrapés par leur passé et les non-dits au milieu d’une nature aussi majestueuse qu’impitoyable.

Le poids de la neige, de Christian Guay-Poliquin

Suite à un accident, le narrateur, blessé, contemple le monde depuis son lit. Dehors, la neige tombe et la vie s’organise comme elle peut depuis la grande panne d’électricité. “Je suis toujours étendu là et je regarde les journées se donner le relais en espérant que mes jambes pourront me porter de nouveau, un jour. En attendant, Matthias me soigne et me nourrit. Je sais qu’il n’a pas vraiment le choix. Nous sommes prisonniers l’un de l’autre.”

Un huis-clos qui nous emporte dans ce tête à tête contraint entre deux hommes alors que la neige s’accumule, le froid paralysant s’installe, les tensions montent…

Tant que le café est encore chaud, de Toshikazu Kawaguchi

Au cœur de Tokyo se niche en étrange petit établissement doté d’une curieuse particularité : le temps d’un café, on peut remonter le temps. Mais il y a des règles strictes à respecter. Plusieurs personnes vont vouloir s’y risquer, chacune avec ses raisons de vouloir revoir un être cher, même sans pouvoir changer le présent.

Un joli roman plein de douceur qui nous invite à savourer le présent tel qu’il est.

En fin de compte, qu’on aille dans le passé ou dans le futur, le présent ne change pas... Cette chaise ne change peut-être pas le présent, mais si elle change le cœur des hommes, c’est qu’elle a sûrement une signification importante…

Numero deux, David Foenkinos

La vie de Martin a basculé le jour où il n’a pas été choisi. Il grandit avec ce traumatisme d’être resté le numéro deux, incapable de surmonter cet échec et renvoyé en permanence au succès qui aurait pu être le sien. Car il a failli incarner Harry Potter.

Un roman plein de fantaisie qui raconte l’histoire d’un homme qui grandit en croyant être passé à côté de sa vie, soumis à la dictature du bonheur des autres, et essaie de la reprendre en main.

L’île aux arbres disparus, d’Elif Shafak

Ada a grandit en ignorant tout du passé familial jusqu’au jour où débarque sa tante Meryem. Celle ci va alors lui raconter l’histoire complexe de ses parents, l’une turque et l’autre grec dans une Chypre déchirée par la guerre civile.

Un roman sensible où histoire d’amour impossible et secrets de famille nous plonge dans l’histoire chypriote.

Les générations suivantes commençaient‑elles inéluctablement là où leurs devancières avaient renoncé, absorbant toutes leurs déceptions et leurs rêves inassouvis ?

La patience des traces, Jeanne Benameur

Un matin, Simon brise la tasse dans laquelle il boit tous les jours son premier café. Un accident banal qui va ouvrir une brèche en lui. Ce psychologue qui a consacré sa vie à écouter les autres se retire au Japon. Un voyage qui lui ouvre un autre chemin pour voir sa propre histoire, décider de la suite.

Un roman plein de douceur aux côtés d’un homme qui cherche à se réconcilier avec son passé et à l’accepter et qui va trouver la paix sur cette île reculée aux traditions ancestrales et notamment celle du kinstugi : on ne cherche pas à cacher la réparation. Au contraire, on l’a recouvre de laque d’or. On marque l’empreinte de la brisure. C’est une nouvelle vie qui commence.

Entrée en matière, d’Anis Mailhan


Marcel est physique, Irène est est chimie.
Elle voudrait comprendre la matière, la pénétrer. Elle voudrait s’en saisir, savoir ce qui se passe entre les éléments. Cela s’appelle la chimie.
Il voudrait saisir le visible mais aussi l’invisible, l’invisible de ces forces et phénomènes qui organisent et régissent chaque petite chose se mouvant dans l’univers infini.

A deux ils se sentent complémentaires. Fraîchement diplômés, ils intègrent le CEA qui, après guerre, se lance dans la course à l’atome. Leur vie et leurs carrières sont rythmés par les affrontements internationaux, entre course à l’armement et luttes pour la paix.

Sous couvert d’un roman, l’auteur retrace l’histoire de la seconde moitié du XXe siècle par le prisme scientifique et plus particulièrement de l’atome.

Ce livre n’est ni exhaustif ni purement scientifique. Il veut d’abord et avant tout éveiller la curiosité et l’envie d’« entrer en matière », ainsi que de donner un éclairage particulier à la question, encore très actuelle, de la bombe et de l’atome.

Le parfum des cendres, Marie Mangez

Alice, anthropologue, va partager quelques mois en compagnie de Sylvain, embaumeur silencieux, taciturne avec les vivants mais attentif et délicat avec ses ‘clients’. Il redonne vie aux défunts à travers leur odeur en décrivant les fragrances propres à chacun. Lui-même s’anime alors et semble reprendre vie.

C’était une expérience étrange, presque surréelle, que l’irruption de cette myriade de senteurs entre les murs froids, blancs et parfaitement hygiéniques de la chambre funéraire. Dans cet univers des plus triviaux, l’univers de la mort, surgissait soudain tout un monde de parfums, sensuels et vibrants… la voix bourrue et sèche de l’embaumeur devenait enveloppante et Alice se laissait bercer par ce son grâce auquel les chairs figées reprenaient couleur et vie.

Un beau roman doux et sensoriel qui nous fait pénétrer dans le monde inconnu de la thanatopraxie et celui, plus foisonnant et impalpable, des odeurs, hommage au Parfum de Suskind.

Mon Mari, Maud Ventura

Alors qu’elle a un quotidien qui a tout pour rendre heureux, la narratrice est attentive à tout détail qui pourrait rompre l’harmonie, et surtout au moindre signe indiquant que son mari l’aime moins. Amoureuse de l’amour, elle vit dans cette phase d’obsession passionnelle qui ne dure normalement que les premiers mois d’une relation.

J’aime tellement fort que je me consume dans mon propre amour, si bien que lorsque je suis amoureuse, je finis toujours par être un peu éteinte. J’aime et je veux être aimée avec tellement de sérieux que cet amour devient vite épuisant (pour moi, pour l’autre). Bref, j’ai l’amour malheureux.”

Un premier roman surprenant et grinçant, qui met en scène un amour abusif et dérangeant.

J’envie les veuves, les maîtresses et les femmes abandonnées, car je vis depuis quinze ans dans le malheur permanent et paradoxal d’être aimée en retour, de connaître une passion sans obstacle apparent. Combien de fois ai-je espéré que mon mari me mente, qu’il me trompe ou qu’il me quitte : le rôle de la divorcée brisée est plus facile à tenir. Il est déjà écrit. il a déjà été joué… Je ne connais aucun roman, aucun film, aucun poème qui puisse me servir d’exemple et me montrer comment aimer moins fort… je n’ai rien pour documenter ma peine.”