
Dinko est encore un enfant lorsqu’il prend la fuite pour échapper à la guerre qui déchire son pays et violente les siens.
Il suit la rivière pour rejoindre la Yadrânska racontée par sa mère restée au camp dans lequel ils étaient prisonniers. La rivière, c’est la boussole qui dirige son errance, avec au bout, peut-être, la chaleur de la mer. Le sokol veille, et il n’est pas le seul dans le monde animal à accompagner Dinko dans son éprouvant périple.
Ses pas l’entraînent vers d’autres lieux, d’autres enfants, d’autres parents qui comme lui, victimes de la barbarie aveugle et de la soif de domination, cherchent à survivre dans les ruines et leur chaos intérieur.
Des teintes oniriques et les effluves du conte d’apprentissage se mêlent à la narration de ce court roman traversé de visions éphémères. Dans sa portée universelle, qui questionne avec autant de lucidité métaphorique que de douceur âpre ce qui détruit l’enfance et sa candeur, l’entraide au-delà des différences – komshilouk – , et amène la résilience et la reconstruction comme actes de résistance, Tine Laclos livre un premier livre grave et délicat.
Est-ce qu’on peut affirmer que la guerre est absolument adultiste ? La réflexion chemine dans son implacable actualité chargée de tous ses héritages, et laisse peu de place aux doutes.
Un coup de cœur ! À découvrir absolument à la librairie le 21 août.
