Archives par mot-clé : Roman

Un chemin de tables, Maylis de Kerangal

Mauro cuisine sans lever le nez, une improvisation d’une grande intensité, une expérience sensorielle de haute volée… Il se concentre sur les produits, l’idée est plutôt de les révéler, de les mettre en lumière, c’est parfois en les associant à d’autres qu’ils montent en bouche et se montrent.

Le récit retrace le parcours atypique d’un jeune homme, entre CAP Cuisine et Master d’Economie, doté d’un tempérament taciturne doublé d’une grande sensibilité. Une plongée dans un milieu dur, dont Mauro éprouve la rudesse comme la passion, le rythme infernal et le plaisir de régaler.

Pour un sourire de Milad, Silène Edgar

L’année de seconde commence mal pour Thisbé : elle n’est pas dans le même lycée que sa sœur jumelle et leurs parents divorcent. Quand arrive dans sa classe un réfugié syrien, elle est tout de suite attiré par ce garçon mystérieux qu’elle veut connaître. Elle va l’aider à s’intégrer et à réaliser son souhait d’être heureux 21 jours de suite.

Une belle et touchante histoire qui aborde aussi bien les problèmes familiaux que les questionnements d’ado et surtout qui appelle à s’ouvrir aux autres, à comprendre et accepter la différence.

77, de Marin Fouqué

Ce matin là, il ne monte pas dans le bus. Il reste assis, regarde les voitures, attend que le temps passe. Ses souvenirs remontent. L’enfance, pas si lointaine, dans cette campagne du sud 77. Les brimades, les difficultés familiales, l’amitié, les bagarres, l’innocence, les champs, le silence.

Un premier roman comme un cri, celui d’un adolescent perdu, sans repère, qui se cherche, veut être un homme, un vrai, malgré son corps de lâche. Un adolescent qui ne sait pas comment être qui on lui dit d’être et encore moins lui-même.

De pierre et d’os, de Bégrangère Cornut

En plein cœur de la longue nuit arctique, une jeune Inuit est séparée des siens par la glace qui se fend. Elle se retrouve seule avec quelques jeunes chiens affamés face auxquels elle va devoir s’imposer pour survivre, trouver un refuge. Une longue quête solitaire qui va lui ouvrir les portes de son monde intérieur.

Un beau texte qui nous immerge dans les coutumes et superstitions de ce peuple de chasseurs nomades, dont la vie est rythmée par l’alternance des saisons et les conditions extrêmes qu’elles imposent.

Ceux qui partent, Jeanne Benameur

1910, Ellis Islande. Après un long voyage et nombre d’épreuves qui les ont poussés à partir, ils sont rassemblés sur cette île, aux portes de New-York. Il y a l’italien Donato et sa fille Emilia, éprise de liberté. Esther, l’arménienne seule rescapée d’un massacre. Gabor, à part parmi les siens. Et tant d’autres. Le temps d’un jour et d’une nuit, ils vont devoir attendre, avant de pouvoir, enfin, gagner l’Amérique. Un jeune new-yorkais, photographe amateur, capture des images de ces migrants.

Un roman qui parle de l’exil, de ce qui pousse à part, de la force et du courage. Mais aussi de la vie nouvelle qui attend, promesse d’espoir.

L’été meurt jeune, Sabatino

Italie, années 60. Dans la chaleur de l’été, Primo, Mimo et Damiano concluent un pacte de sang : répondre ensemble aux attaques portées à l’un d’eux.

Dans ce village rude, les épreuves vont faire grandir vite pour ces jeunes garçons de 12 ans, dont l’amitié va être scellée par les coups durs de la vie.

Un récit dur mais plein de force sur fond d’amitié et de vengeance, dans un monde rude, brut, dont les épreuves hâtent le passage à l’âge adulte.

Starlight, de Richard Wagamese

Une nuit, Emmy prend son courage à deux mains et quitte l’homme violent chez qui elle vit. Avec sa fille, elles prennent la route et partent loin, là où il ne pensera pas à les chercher. La traque commence. Elles croisent la route de Starlight, homme rude et intègre, dévoué à sa terre et vivant en harmonie avec la nature, emprunt d’une sagesse ancestrale. A ses côtés, elles vont panser leurs plaies, retrouver la confiance, réapprendre à vivre.

Un récit bienveillant et lumineux, qui nous plonge dans une nature sauvage et belle dans laquelle on apprend à s’immerger pour mieux se trouver soi-même.

Ce texte est resté inachevé à la mort de l’auteur.

Le cœur de l’Angleterre, Jonathan Coe

Benjamin, la cinquantaine, s’engage dans une improbable carrière littéraire ; sa sœur Lois voit ses anciens démons revenir la hanter ; son vieux père Colin n’aspire qu’à voter en faveur d’une sortie de l’Europe, et sa nièce Sophie se demande si le Brexit est une cause valable de divorce.

Un roman-chronique qui entremêle brillamment destins individuels à la politique anglaise des années 2010. Avec humour et mélancolie, l’auteur interroge notre époque tourmentée et ses désillusions.

Une joie féroce, de Sorj Chalandon

Jeanne est une femme effacée qui traverse la vie en s’excusant, déjà marquée par son lot de malheurs. Quand le cancer la touche, son quotidien s’effondre. Soutenue par un groupe de femmes porteuses du même mal, blessées par la vie mais pleines d’une grande force, elle se découvre combattante.

Un roman optimiste malgré la dureté de la lutte contre la maladie, qui fait la belle part à l’entraide et à la force de l’amitié.