Archives par mot-clé : Roman

Une immense sensation de calme, de Laurine Roux

Chronique de Prycilla

Un simple regard posé sur Igor suffira à ce qu’elle s’abandonne, elle sait qu’elle le suivra… « Elle » ne sera jamais nommée, on comprendra sa jeunesse et sa fougue, et on l’imagine volontiers belle… Les éléments se déchaînent et c’est dans la cabane de la vieille Grisha qu’ils trouveront refuge… Autour du feu, dans les effluves de plantes médicinales, les gestes et les croyances anciennes, s’esquisse peu à peu le passé de chacun et se dessine la suite de leur chemin… Ils reprendront la route et marcheront… apaisés et sans peur, jusqu’à embrasser leur destin.

Dans la nature brute et sublime de ce qui pourrait être une Sibérie post-apocalyptique, l’oeuvre de Laurine Roux devient presque conte… intemporel et hors du temps, tout à la fois. Le roman peuplé de personnages malmenés par la vie, bercés de légendes, cheminant avec les ombres d’un passé tourmenté, et pourtant, splendidement lumineux, enivre par son écriture simple et poétique.

Laurine Roux, professeure de lettres modernes, vit dans les Hautes-Alpes. Une Immense sensation de calme est son premier roman… Une fois conquis par son univers littéraire, il vous faudra attendre août 2020 pour découvrir son deuxième « fils », Le Sanctuaire, qui paraîtra aux Éditions du Sonneur.

Un jour viendra couleur d’orange, de Grégoire Delacourt

Geoffroy est un enfant différent, qui ordonne son monde grâce aux chiffres et aux couleurs. Son père, qui ne le comprend pas, mêle sa colère à celle de la France qui s’enflamme. Sa mère tente de le protéger et se dévoue à accompagner les personnes en fin de vies. Et il y a Djamila à la beauté bourgeonnante, malmenée elle aussi par les autres, et touchée par sa candeur.

Des personnages riches, malmenés par la vie, entre violence et douceur ; un roman sensible, plein d’amour et d’humanité, qui touche au cœur.

Si je cessais de vous écrire, de Gilles Vincent

Tout commence par une lettre qu’un homme envoie à une femme, au hasard de l’annuaire. Puis le choix de celle-ci de répondre, de préférer l’intranquillité au cours paisible de son existence. Une correspondance hésitante s’installe, qui bientôt fait ressortir leurs tragédies et leurs blessures.

Un bref roman qui transporte dans la danse tumultueuse entre deux êtres, qui se découvrent et se dévoilent, jusqu’au plus profond d’eux-mêmes.

Une rose seule, Muriel Barbery

A la mort de son père qu’elle n’a pas connu, Rose se rend au Japon pour découvrir son testament. Là, elle est prise en charge par Paul, l’assistant de feu Haru qui lui a prévu une succession de visites de Kyoto et de ses temples.

Un très beau texte à l’écriture délicate, qui confronte une femme mélancolique et pleine de colère à la beauté mystérieuse et minérale de ce pays étranger.

Le dit du Mistral, d’Olivier Mak-bouchard

Au lendemain d’une nuit d’orage, le narrateur et son voisin découvrent dans un éboulis des vestiges antiques. Ils entreprennent des fouilles clandestines nt les découvertes vont bouleverser leur vie.

Le texte nous plonge au cœur du Lubéron, entre nature indomptée et légendes anciennes. Un récit qui fleure bon la Provence, porté par ses expressions chantantes, le Mistral, la rudesse du soleil et la douceur de l’eau rare.

Lettre d’amour sans le dire, Amanda Sthers

C’est le hasard qui pousse Alice dans ce salon de thé asiatique, puis à accepter le massage qui s’en suit. Sous les mains expertes, elle renoue avec son corps, dont elle s’était détaché pour oublier ce qu’il avait subit. Lorsque l’homme repart dans son pays, Alice lui écrit une longue lettre où elle confie ce bouleversement qui la réconcilie avec elle-même et se dévoile sans occulter les traumatismes du passé.

Un roman entre pudeur et sensualité délicate d’une femme qui s’ouvre à celui qui, par ses gestes et sa présence, l’a aidé à se libérer de son passé et à s’accepter.

La brodeuse de Winchester, de Tracy Chevalier

Dans l’Angleterre des années 30, Violet Speedwell fait partie de ces femmes dites “excédentaires”, qui n’ont pas trouvé de mari suite à l’hécatombe de la guerre. Grâce à son petit salaire de dactylo, elle quitte sa mère et part vivre seule à Winchester. Dans la cathédrale de la ville, elle va s’intégrer à une communauté de brodeuses et découvrir le cercle, tout aussi peu connu, des sonneurs de cloches.

Un roman qui nous plonge dans une autre époque, sur les traces d’une femme déterminée à mener sa vie et à garder son indépendance malgré les conventions de l’époque.

Les recettes de la vie, de Jacky Durand

Au chevet de son père mourant, Julien se remémore son enfance aux côtés de cet homme qui l’a élevé seul après le départ de sa femme. Un homme bourru et taiseux mais aussi passionné par son métier, qui lui a transmis son goût pour la bonne cuisine et le partage, même s’il s’est toujours opposé à ce que son fils suive ses traces.

Un récit plein de tendresse sur la relation père-fils et la transmission d’une passion. C’est aussi une ode à la gastronomie qui met l’eau à la bouche !

Et que ne durent que les moments doux, de Virginie Grimaldi

Lili accouche à sept mois de grossesse, avant d’être vraiment prête à être mère. Elle découvre la maternité et la peur devant la fragilité de la vie.

Alors que ses enfants prennent leur envol, Elise se retrouve seule et doit réapprendre à vivre pour elle-même et plus seulement en temps que mère.

Deux femmes à deux moments charnières de leurs vies, devant apprendre à être mère ou à ne l’être plus seulement. Un récit plein d’émotions et de rencontres qui changent les existences.