Archives par mot-clé : Roman

No home, de Yaa GYASI

Ghana, XVIIIe siècle. Jeune femme Fanti, Effia a épousé un officier blanc. Dans les cachots du fort, sous ses pieds, sa demi-sœur Esi réduite en esclavage attend d’être expédiée aux Etats-Unis. 
De la traite des esclaves à nos jours, on suit le parcours de deux branches d’une même famille, l’une restée en Afrique et l’autre emmenée aux Amériques. Chaque génération voit le monde évoluer et nous offre un panorama de trois siècles d’histoire du peuple africain. 
Un roman passionnant porté par une succession de personnages forts soumis aux aléas de l’Histoire.

Jeu blanc, de Richard WAGAMESE

En pleine rémission, Saul Indian Horse revient sur son passé et affronte la dure vérité qu’il a tenté de noyer dans l’alcool. Sa petite enfance protégée par sa grand mère, entouré des légendes et traditions ojibwés, puis son adolescence à l’orphelinat avec les terribles sévices subis et le hockey qui le sauve de l’horreur. Et toujours, quoi qu’il fasse, le racisme des blancs envers les indiens.

Un récit juste, touchant et plein de forces, qui prend aux tripes. C’est l’histoire d’un peuple opprimé et le récit du long processus de reconstruction de soi.

Boudicca, de Jean-Laurent DEL SOCORRO

Le récit nous emmène par petites touches sur les traces de Boudicca, guerrière celte et reine des Icères qui a lutté contre les romains, mais qui est aussi femme, mère et amante. 
 
Par une écriture subtile, l’auteur nous esquisse les multiples facettes de cette femme libre sur fond d’histoire du peuple celte et nous emporte dans ce passé dont certains enjeux ont un écho très contemporain.

L’homme semence, de Violette AILHAUD

Après le soulèvement républicain de décembre 1851, tous les hommes d’un hameau de Provence sont emmenés. Les femmes restent seules, isolées, s’organisent et s’entraident autour de ce manque de maris, de pères, d’amants. Jusqu’au jour où un homme arrive et les confronte à leur serment de partage.

Un texte bref mais puissant sur un événement oublié de l’histoire, mais surtout un texte de femme car celle qui l’écrit est une jeune fille privée de son premier amour, pleine d’attente, de rêves et de désirs et vide de ce manque grandissant de ce qu’elle ne peut encore qu’imaginer.

L’art de perdre, d’Alice ZENITER

Ali naît pauvre en Kabylie ; par un coup du destin il trouve fortune et devient un homme important dans son village. Mais l’Algérie française touche à sa fin, la guerre éclate et Ali et sa famille se réfugient en France.

Là son fil Hamid grandit en se coupant de ce passé algérien qui plane au dessus de la famille.

De nos jours, sa fille Naïma, frappée par les questions identitaires de notre société, tente de revenir sur cette histoire familiale entourée d’une chape de silence.

Un beau roman qui, à travers trois génération, peint un portrait de ces algériens français, ces harkis, qui ont quitté leurs terres pour une France où ils s’intègrent difficilement.

Une écriture puissante qui soulève des questions de sociétés et parle de tolérance, d’intégration, du poids de l’héritage et de la volonté de s’en défaire pour être soi.

Le roman vient d’être récompensé par le prix Goncourt des lycéens, une belle distinction.

La soif, de Jo NESBÖ

Une femme est retrouvée violemment assassinée chez elle après un rendez-vous par l’intermédiaire d’un site de rencontre. Lorsqu’une autre victime est découverte selon la même mise à mort sanglante, le doute n’est plus permis : il s’agit de l’œuvre d’un tueur en série. Pour Harry Hole, désormais rangé en tant que professeur et l’esprit enfin en paix, cette affaire fait ressortir un vieux démon et le contraint à reprendre du service.

Un policier complexe qui nous tiens en haleine jusqu’aux dernières pages.

Underground railroad, de Colson WHITEHEAD

A 16 ans, Cora, jeune esclave d’une plantation de Géorgie, parvient à s’enfuir grâce au chemin de fer souterrain. Elle parvient en Caroline du Sud où les noirs semblent vivre librement. Mais rapidement elle découvre ce que signifie là bas la liberté pour les gens comme elle. Rattrapée par un chasseur d’esclave impitoyable, la fuite reprend.

Un récit puissant qui montre le combat de tout un peuple et peint le portrait rude et violent d’une époque tourmentée.

Les crayons de couleur, de Jean-Gabriel CAUSSE

Le jour où les couleurs disparaissent, le monde se teinte de gris dans l’incompréhension la plus totale. Il faut l’étrange rencontre entre une spécialiste des couleurs aveugle, un ancien employé d’une fabrique de crayons, une petite fille et d’un chauffeur de taxi new-yorkais pour rendre au monde ses couleurs.

Un roman pétillant par un véritable spécialiste des couleurs qui, l’air de rien, nous parle de chacune d’elles en terme de perception ou de symbolique et nous apprend à aiguiser nos sens pour mieux regarder le monde.

Notre avis : Sympa !

Esprit d’hiver, de Laura KASISCHKE

Ce matin de Noël, rien ne se passe comme prévu. Holly se réveille tard avec un mauvais pressentiment, sa fille est d’une humeur massacrante, un blizzard inattendu bloque la ville et les invités décommandent. Dans cette atmosphère tendue, Holly essaie de comprendre pourquoi son appréhension la renvoie à l’adoption de sa fille.

Avec brio, l’auteur nous plonge dans l’atmosphère oppressante et angoissante d’un huis clos mère-fille où la tension monte alors que le quotidien qui vacille.

 

On aime : beaucoup