On s'appelle ?

09.72.63.56.38

Email

contact@defilenpage.fr

Nos horaires

Lun - Sam : 9h30 - 19h

En ce 16 juillet 1969, chacun se souviendra de ce qu’il faisait. Pour la plupart, il s’agit d’une journée historique, celle du décollage de la fusée Apollo 11 pour la Lune. Mais pour une poignée de personnes, ce sera la journée tragique où le petit Richie s’est noyé dans la piscine bondée du quartier, pourtant surveillée par une maître-nageuse.

Alors que le récit se déploie lentement, la responsabilité de l’accident oscille entre la jeune fille surveillant la baignade, la mère de l’enfant, la foule dans le bain, la négligence d’une corde oubliée… Les voix du petit Richie, de ses parents, de son frère, de la maître-nageuse, de la petite Becka croisée dans la piscine, et d’autres encore s’alternent et nous offrent une plongée dans l’intime des personnages, derrière la façade des apparences, les secrets qui fendillent les carapaces ou rongent les âmes.

Une narration qu passe d’un personnage à l’autre et entremêle passé, présent et futur, dont les morceaux s’assemblent tel un puzzle qui se déploie. Malgré quelques longueurs et répétitions, on est pris dans l’intrigue, non pas pour découvrir l’issue fatale qu’on connaît dès le début, mais pour savoir comment on en est arrivé là, qui est coupable, si quelqu’un l’est vraiment, et quelles sont les conséquences futures. C’est l’histoire d’un drame parsemé de tragédies, qui se déroulent sous nos yeux ou se jouent dans le silence des maisons.

Élodie


Deux événements surviennent dans la communauté de Mission Hill en cette journée chaude et ensoleillée de juillet 1969. Trois astronautes américains décollent dans le ciel limpide en direction de la lune et le jeune Richie Manning se noie dans la piscine du Jolly Roger à l’endroit où le petit bassin rejoint le grand. Des milliers de personnes ont assisté au décollage de la fusée et une jeune maître-nageuse était présente, dans le centre aquatique bondé, au moment de la noyade du petit garçon.
Toutes et tous sont spectateurs et spectatrices, témoins, acteurs et actrices sans mainmise claire sur la survenue des évènements, décollage et noyade. Toutes et tous devant la même scène, chacune et chacun en focus sur ce qu’il et elle choisissent de regarder.
Il faut désigner et construire un coupable même si rien d’autre qu’un enchaînement de faits apparemment anodins ne précédent « l’accident ». Mais, car il y a toujours un mais, les évidences sont trompeuses, et les épaules sur lesquelles reposent le sentiment de culpabilité ne sont peut-être pas celles qu’une majorité dans la communauté affuble de son ressentiment, de sa peur et de sa colère. 
Au-delà de l’enquête pour identifier coupable ou bouc émissaire, le récit s’enroule et se déroule autour des menus détails, glanés dans la multiplication des regards, qui aboutissent à cet instant fatidique. Un éternel présent sans cesse revécu, ressac sans fin, pour tenter de définir une cause, un point de départ à cette mort et d’identifier le « je » qui prend la parole dans la narration.

Un roman des secrets gardés et des non-dits, fresque sociale d’une Amérique petite-bourgeoise pour laquelle le rôle assigné et les apparences à sauver comptent davantage que la vérité, ce dernier livre de Laura Kasischke ne manque pas de finesse dans la critique sous jacente de ce contrat social.

Pryscilla

Leave A Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Jetez un oeil !