
Désintox, rechutes et parcours de guérison chaotique. La rencontre avec Roxanne se fait à l’hôpital, elle n’est pas passée loin du pire et le reste du pire est à venir. La première cicatrice remonte à l’enfance et les autres se sont enchaînées. De Marseille à la montagne, de lieux de shoot en bars de nuit, de petits boulots en cours de guitare qu’elle dispense au jeune Paul, elle cherche dans la drogue ce qu’elle ne trouve pas dans une vie dont le riff se refuse à elle. La musique est partout alors qu’elle n’est que silence, ses mots et ses émotions coincés au fond de son ventre.
Dans ce récit d’une quête impossible sans réconciliation avec soi-même, sans acceptation de sa force intérieure pour faire face aux blessures, sans passion, Romain Aguila dévoile un style sec et épuré fait de vers libres. Un premier roman qui fait la part belle aux blancs entre les lignes de la vie d’une jeune femme abîmée et invite, lectrice et lecteurs, à percevoir Roxanne dans tout ce qu’elle ne dit pas. On pourrait regretter un petit manque de consistance, de déploiement de la psyché du personnage, et en même temps, le peu d’épaisseur colle à cette anti-héroine.
C’est brutal, sensible et complètement dénué de pathos.
À découvrir à la librairie.
