Sauvagines de Gabrielle Filteau-Chiba

Que sommes-nous sans cette fleur de peau qui tressaille face aux gestes de cruauté banalisée, sinon des bêtes nous aussi,

des-sans-coeur-ni-tête ?

Gabrielle Filteau-Chiba nous ramène sur les rives de la rivière Kamouraska dans le Bas-Saint-Laurent.

Raphaëlle est agente de protection de la faune. Séparée de sa famille qui ne comprend pas ses choix de vie et sa différence, sa chienne Coyote et la photo de sa grand-mère sont ses seules compagnes dans sa roulotte perdue au milieu des bois. Convaincue de la nécessité de préserver la nature, elle arpente les chemins sans relâche sans grand soutien de la part de sa hiérarchie, bien au chaud dans ses bureaux et déconnectée de la réalité du terrain.

Lorsqu’un matin, sa chienne manque à ses appels, la jeune femme ne sait pas encore qu’elle s’apprête à mettre le doigt dans un engrenage dont elle ne sortira pas indemne. Des disparitions mystérieuses, des animaux mutilés dont les cadavres s’empilent… Si les paysages sont immenses, les rumeurs vont vite et ce qui se dit à demi-mots par peur des représailles dessine un bien sombre scénario.

Portrait d’une éco-guerrière à fleur de peau qui trimballe un passé douloureux solidement accroché à ses bottes, quête des origines, histoire d’amour et de vengeance qui emprunte au roman noir et pur bijou de nature writing, sans oublier le clin d’œil appuyé au personnage de Anouk rencontrée dans “Encabanée”, Gabrielle Filteau-Chiba semble pas mal se ficher de rentrer dans les cases et confirme, avec ce deuxième roman, sa singularité.

Un grand coup de cœur !

“Encabanée” vient de paraître en poche aux éditions Folio.

Encabannée, de Gabrielle Fliteau-Chiba

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