Une gueule cassée
une femme désespérée
et une maladroite
Nous voilà bien

Elle se lève aux aurores pour aller d’une maison à l’autre, courageuse et dévouée, passe par l’entrée de service, présence indispensable et pourtant invisible.
La bonne est là
pour tout ça
vider les pots
laver la vaisselle
essuyer les larmes
personne n’en saura rien
Chez les Daniel, Alexandrine ne vit que pour s’occuper de son mari, Blaise, gueule cassée brisé par la guerre, ancien pianiste renfermé dans l’horreur de ce qu’il a vécu et la frustration de ce qu’il n’est plus. Discrète, la petite bonne remplit son office jusqu’au jour où Madame lui demande une faveur : exceptionnellement, elle va s’absenter deux jours à la campagne et il faut quelqu’un pour s’occuper de Monsieur.
Alors qu’Alexandrine tente de profiter de cette parenthèse pour redécouvrir le monde et échapper à sa culpabilité, la bonne et Blaise s’apprivoisent doucement. Une cohabitation improbable où, dans cette intimité forcée, ils se dévoilent, s’affrontent et se laissent aller à une confiance surprenante.
Un premier roman touchant d’une grande sensibilité qui nous plonge dans l’intime d’êtres blessés.
Une écriture intéressante où alternent narration et vers libres, qui donnent force et beauté à la voix de la petite bonne.
