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Dans un massif fictif des Alpes, une femme disparaît.

Le narrateur rencontre Paola sur un parking à la descente de l’hélicoptère qui les ramène, elle et son matériel photographique, de son immersion solitaire en montagne face à la Réserve. Son attirance pour Paola est immédiate et presque tout ce que nous saurons d’elle par la suite se tisse dans les suppositions et les fantasmes qu’il va former au fil des échanges avec celles et ceux qui la connaissent ou l’ont connue.

Ça commence comme ça : une rencontre sur un parking. Quelques secondes à marcher côte à côte avec elle, à l’aider à charger le coffre de sa Berlingo, la voiture la moins glamour de la terre, avais-je toujours pensé jusque-là, faute d’avoir été éveillé à ses charmes.

La Réserve, ce lieu de nature protégé de toute mainmise extérieure, Paola l’a observée sans réussir à la saisir pleinement depuis la cabane et le lac qui lui faisaient face, traquant sa complexité de son œil de photographe pour la fixer sur ses plaques de verre. Les membres de l’équipe de scientifiques qui composaient l’expédition à ses côtés sont redescendus dans la vallée après la découverte du corps sans vie d’un alpiniste dans la réserve, normalement déserte de présence humaine, et Paola est demeurée seule, scrutant sans relâche cet environnement qui lui échappe.
À son retour, l’exposition de ses photographies à Milan est un succès critique et public qui lui laisse pourtant un goût d’inachevé. Elle n’est plus qu’obsession tendue vers un unique objectif, gravir à nouveau le chemin qui la sépare de cette nature qui se refuse à elle et qu’elle désire plus que tout appréhender.
Quelques mois plus tard, c’est seule qu’elle s’engage dans une nouvelle ascension. Le froid s’installe, le paysage change sous sa morsure et au fil des jours, Paola glisse de sa position d’observatrice à celle de proie, inquiète, apeurée et curieuse à la fois, de se sentir épiée. Au fur et à mesure que son regard s’acère, la présence qu’elle perçoit semble se rapprocher. Les réserves de bois s’amenuisent, les panneaux solaires ne produisent plus suffisamment d’énergie pour alimenter son téléphone, la neige s’accumule, et peu à peu, la prise du réel s’éloigne.
Dans la cabane, ses jumelles sont toujours là, ses derniers clichés sont rangés contre un mur, mais Paola, elle, a disparu.

Je crois à l’intuition. Aux éclairs. À tout ce que nous décidons sans le comprendre. À la vérité des instants où nous traverse de l’impérieux, de l’indompté, du sauvage. Je crois à tout ce qui fulgure. À l’incompréhensible. Au déraisonnable. Je crois à la valeur suprême des moments où quelques chose en nous exige, sont notre plus grande réserve d’audace. (…)

Un roman sublime dans lequel la tension et les doutes se toisent avec le désir et la quête d’absolu. On avance dans ce texte avec une boulimie craintive, d’un climat de douceur et de légèreté à une atmosphère « en asphyxie » empruntée au thriller. Une lecture aux multiples souffles et respirations, angoissante, belle et magnétique qui interroge notre rapport au vivant.
Un grand, grand, grand coup de cœur à découvrir à la librairie.

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