Les femmes en moi, je les accuse de tout. Telle est la partition sur laquelle on m’a appris à déchiffrer les empreintes de l’amour.
Il faut tant de temps pour voir l’enfermement de la famille.
Comment le corps s’est habitué à la cellule.
Et tout ce que l’on est prêt à faire et à supporter pour ne pas en sortir.

On entre dans la famille par un trou dans le plafond : C’est l’été. Élisabeth fait la vaisselle, Éric monopolise le poste de télévision, ils ont trois filles, l’étudiante, la lycéenne et l’écolière, repliées chacune dans leur chambre. Très vite, le regard distant laisse place à l’intime raconté par l’aînée. Et l’intime est immédiatement vertigineux dans ce roman.
En Alsace comme en Lorraine, les femmes pleurent et les hommes comptent. Elles remplissent les ventres, transmettent leurs casseroles et le docteur de famille veille sur elles avec ses ordonnances de suppositoires à l’opium.
On pourrait s’arrêter là et sombrer dans une atmosphère glauque et prompte au misérabilisme. Mais, ça grince, ça ironise, ça poétise et de sujets longuement parcourus dans la littérature, Justine Arnal propose une écriture nouvelle et puissante de ce quotidien ordinaire.
En trame, le corps des femmes, ce qui le meut dans l’amour, l’ennui, l’héritage et le renoncement. Un corps jamais seul, ni émancipé de ses charges ni aussi libre que dans ses destructions.
Un roman dans la bouleverse, inconfortable et magnétique.
Venez, on vous en parle !