La différence invisible, de Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

Depuis toujours Marguerite se sent différente, en décalage avec les autres. Avec ses amis, sa famille, au travail, elle lutte contre ses peurs et ses habitudes pour maintenir les apparences de “normalité”. Jusqu’au jour où elle est diagnostiquée autiste Asperger. C’est le déclic. Un nom sur son mal-être : “il est normal qu’elle soit anormale”.

Commence alors une nouvelle vie où elle se découvre, s’accepte, affirme sa différence et la confronte aux multiples réactions de son entourage personnel comme professionnel.

Un très beau récit, touchant et émouvant, qui ouvre les yeux sur l’autisme et plus généralement sur toutes les différences invisibles. Une invitation à la compréhension et à la tolérance.

Tamara de Lempicka, de V. GREINER et D. COLLIGNON

Paris, années 20. Encore étudiante chez André Lhote, Tamara de Lempicka est l’une des artistes les plus en vue de la capitale. On se l’arrache dans les fêtes et les cabarets des années folles. Ces soirées sulfureuses et libertaires sont la source de conflits avec son époux, qui lui reproche de délaisser leur fille. Mais Tamara, dont l’art fait vivre sa famille, entend bien conserver sa vie de femme indépendante.

Une biographie passionnante, dont le dessin s’allie parfaitement à l’œuvre du peintre pour décrire une époque. Mais surtout le portrait d’une femme forte,  libre et terriblement moderne.

La tresse, de Laetitia COLOMBANI

En Inde, Smita quitte tout pour que sa fille échappe à sa condition d’intouchable et apprenne à lire. En Sicile, Julia découvre que l’atelier familial est ruiné. Au Canada, Sarah élève seule ses trois enfants en menant une brillante carrière d’avocate lorsque la maladie la frappe.

Trois destins liés de femmes fortes qui vont se battre contre la société pour vivre et garder leur liberté.

Le chant des souliers rouges, de Mizu SAHARA

Kimitaka aime le basket mais sans y exceller. Takara veut danser mais son grand corps élancé ne s’y prête pas. Deux collégiens aux passions contrariées qui se croisent un soir de désespoir et échangent pour ne pas les jeter leurs chaussures de sport.

Ils se croisent devenus lycéen. Voyant Takara s’épanouir dans le basket, il décide de suivre son exemple et tenter sa chance dans le flammenco.

Un changement qui l’aidera, peut-être, à se trouver lui-même.

No home, de Yaa GYASI

Ghana, XVIIIe siècle. Jeune femme Fanti, Effia a épousé un officier blanc. Dans les cachots du fort, sous ses pieds, sa demi-sœur Esi réduite en esclavage attend d’être expédiée aux Etats-Unis. 
De la traite des esclaves à nos jours, on suit le parcours de deux branches d’une même famille, l’une restée en Afrique et l’autre emmenée aux Amériques. Chaque génération voit le monde évoluer et nous offre un panorama de trois siècles d’histoire du peuple africain. 
Un roman passionnant porté par une succession de personnages forts soumis aux aléas de l’Histoire.

Jeu blanc, de Richard WAGAMESE

En pleine rémission, Saul Indian Horse revient sur son passé et affronte la dure vérité qu’il a tenté de noyer dans l’alcool. Sa petite enfance protégée par sa grand mère, entouré des légendes et traditions ojibwés, puis son adolescence à l’orphelinat avec les terribles sévices subis et le hockey qui le sauve de l’horreur. Et toujours, quoi qu’il fasse, le racisme des blancs envers les indiens.

Un récit juste, touchant et plein de forces, qui prend aux tripes. C’est l’histoire d’un peuple opprimé et le récit du long processus de reconstruction de soi.

Dédale, de Takamichi

Reika et Yoko travaillent toutes les deux en tant que “débuggueuses de jeux vidéo”. Elles traquent les erreurs de code, les incohérences, les bugs et autres exploits pour l’entreprise Klein Software. De naturels totalement différents l’une de l’autre, elles vont se retrouver coincées dans un gigantesque bâtiment labyrinthique. Les deux amies vont alors devoir exploiter les fonctionnalités et les erreurs de ce monde parallèle et découvrir ce qui se cache derrière ce mystérieux immeuble, qui rappellera des souvenirs aux joueurs de Portal.

Une histoire de survie en deux tomes, qui nous fait traverser le monde des jeux vidéo de manière simple, drôle et attachante.

Ce manga a reçu le Daruma du meilleur scénario lors de la Japan Expo 2017.

Boudicca, de Jean-Laurent DEL SOCORRO

Le récit nous emmène par petites touches sur les traces de Boudicca, guerrière celte et reine des Icères qui a lutté contre les romains, mais qui est aussi femme, mère et amante. 
 
Par une écriture subtile, l’auteur nous esquisse les multiples facettes de cette femme libre sur fond d’histoire du peuple celte et nous emporte dans ce passé dont certains enjeux ont un écho très contemporain.