Le peuple a vu rouge, les traitres ont dépecé le pays et la capitale était alors trop exsangue pour garder dans son giron les terres qui se dérobaient à son contrôle. Moscou avait donc, disait-on, tracé une frontière le long d’une Volga empoisonnée, aux eaux délétères, installé un avant-poste sur cette rive-ci, oublié l’autre rive et vaqué à ses occupations. […]
Il y a eu la Russie, c’est devenu la Moscovie.

L’Avant-poste se situe tout au bout de la voie ferrée. La garnison a reçu l’ordre de surveiller les accès orientaux de la Moscovie, et la garnison, fidèle à son serment, garde le pont. Qu’elle le protège des rebelles, des nomades ou des bêtes sauvages, même Polkan serait bien en peine de le dire désormais.
En vérité il ne se passe rien.
Ils sont une poignée enfermés dans cet Avant-poste. Il y a le jeune Egor, passionné de musique, qui rêve de scène et de gloire, d’un ailleurs, et de sa voisine, la belle Monique. Celle-ci rêve de la ville, de Moscou, prête à tout pour y aller. Tous tournent et attendent, le ravitaillement qui tarde à venir, des nouvelles de Moscou, qu’il se passe quelque chose, enfin. Le pont, environné d’une brume nauséabonde et corrosive, est désert depuis des décennies.
Et un jour, quelque chose, enfin. Une silhouette émerge de la brume.
Une dystopie addictive et glaçante dont le rythme s’accélère en même temps que l’action.
