« C’est un monstre. »
Elle regarde droit devant, l’air songeuse.
« Mais monstres, c’est juste un mot assez général. Il y a plein de catégories de monstres. »

Yang Ning a un odorat sur-développé. Pour elle, les odeurs sont partout et chaque odeur a une histoire. Une hypersensibilité, qui est autant un don qu’une malédiction, qui la plonge en permanence dans une cacophonie olfactive. C’est encore plus vrai dans son travail de nettoyeuse de scène de crimes qui la fait côtoyer le sordide, les fluides et la décomposition des corps, à la limite du soutenable.
Jusqu’à la mort de son frère.
Le choc lui fait perdre l’odorat.
« L’odeur des morts est son remède. Elle seule parvient à réveiller cet odorat que les médecins n’ont jamais pu ranimer. […] C’était comme si seule la mort pouvait la stimuler. »
Elle ne vit plus que pour ce retour des sens, ce frisson entre horreur et extase, à la fois antidote et drogue. Jusqu’à ce qu’elle devienne la principale suspect d’une mort après avoir nettoyé la scène de ce qu’elle pensait être un suicide.
Armée de son odorat, elle tente de tirer parti de ce sens si affuté malgré sa défaillance pour prouver son innocence et traquer le meurtrier.
« Les odeurs ne se contentent pas de provoquer des émotions ou d’influencer des sensations : elles modifient aussi la façon de penser, d’agir, et sont intimement liées à la mémoire. »
Et ça, le tueur l’a bien compris. À sa suite, Yang Ning entame alors une plongée dans les ténèbres de l’âme humaine, sur les traces d’un être tortueux et manipulateur.
« Certaines ténèbres ne sont compréhensibles que pour ceux qui y ont vraiment plongé. »
Un thriller horrifiant mais terriblement additif qui nous emmène à la découverte d’un de nos sens souvent peu considéré qu’est l’odorat.
