Tous les articles par La libraire

Ce que nous devons au vent, Laura Imai Messina

Yui et Takeshi se rencontrent dans le jardin de Bel Guardia, où se dresse le téléphone du vent. Cette ancienne cabine téléphonique est devenue un lieu unique, fréquenté par centaines de personnes notamment suite au tsunami de 2011. Un outil dont chacun usait à sa manière pour faire son deuil, un endroit où panser sa blessure et réparer sa vie. MrSuzuki veille avec bienveillance sur ce jardin et les nombreux visiteurs qui s’y rendent.

Un roman plein de douceur comme une métaphore rappelant qu’il est précieux de s’accrocher aussi bien au bonheur qu’à la peine. Même face aux pertes que la vie nous impose, nous pouvons nous ouvrir à tous les cadeaux qu’elle nous fait.

Juste un mot, de Frédéric Vinclère

Tout commence quand Lou-Victor laisse un mot au fond de la tirelire de son frère à la place de son argent. Paul lui répond et les deux frères, qui n’ont jamais été aussi proches que maintenant qu’ils sont éloignés, entament une correspondance dans laquelle ils vont se confier, et s’épauler.

Un super roman qui parle d’amitié et d’entraide, mais aussi du passage de l’enfance à l’adolescence.

La faim de leur monde de Akhenaton

“Je suis fatigué de chanter les mêmes problèmes, trente ans !”

2006… “La fin de leur monde”, les voix engagées de Akhenaton et Shurik’n résonnaient déjà à nos oreilles pour dénoncer un monde en pleine décomposition.
Est ce qu’on a vraiment cru qu’on irait vers le mieux ?… ou n’étions-nous “intellectuellement” pas prêts à envisager que ça pourrait être pire ?
L’espoir semblait encore permis : le, “ça ne peut qu’aller mieux.” qui achevait le morceau laissait entrevoir une possible prise de conscience…
Triste constat, 15 ans après…
“La faim de leur monde” est l’expression du combat qui continue et s’intensifie, malgré cette lassitude qui s’installe face à l’immobilisme et l’indifférence.
La plume toujours acérée de Akhenaton “ne lâche pas le morceau”, dénonce et alerte toujours et encore.
Le texte, dans la fantastique collection L’Iconopop, sera disponible dès demain dans votre librairie. Et la version musicale est à écouter en scannant le code fourni avec le livre !
AKHENATON

https://www.facebook.com/watch/?v=784862552455574

Maison-tanière de pauline delabroy-allard

“Je ne réponds plus à personne
Dans la maison tanière aphone
La solitude la retraite le recueillement
J’essaye de faire ça bien
Mais je monte le son
Quand je pense à toi”

De la naissance de son premier roman au nécessaire ressourcement après la publication de “Ça raconte Sarah”, Pauline Dlbroy-Allard nous ouvre sa maison tanière et les “rituels” qui ont été les siens dans ces deux moments de vie.
Visite guidée poétique et photographique de ses sources d’inspiration et de ses souvenirs, on se balade entre vinyls et vieux plafonds dans un texte intime et intimiste.
En refermant ses pages, effets secondaires constatés : une profonde envie de se poser à notre tour dans une tanière bien à nous.
L’Iconopop

Décomposée de clémentine Beauvais

“Décomposée” de Clémentine Beauvais, objet littéraire non identifié et absolument génial.
Un roman au ton aussi libre que les vers qui le composent et qui revisite sans complexe le texte “une charogne” de Baudelaire…
Ou comment la fascination morbide et voyeuriste du poète pour un cadavre en décomposition rencontré alors qu’il se promenait avec sa muse, Jeanne Duval, à donné naissance à un poème aujourd’hui connu de tous.
La plume de Clémentine Beauvais redonne vie à Grâce, “la charogne”, femme aux multiples facettes… prostituée, couturière, chirurgienne, faiseuse d’anges et ange vengeur de celles, nombreuses et sans voix, qui ont été à son image malmenées par les hommes.
Les voix de Jeanne, muse rebelle, et celle de Grâce se répondent, se racontent, entre déchéance et émancipation, et égratignent très justement le “grand poète” et les hommes en général…

Un texte engagé, féministe et jubilatoire publié chez L’Iconopop

Kitty, T1 : Au clair de la lune, de paula Harrison

Kitty appartient à une famille un peu spéciale : sa mère est une super-héroïne qui enfile un costume de chat à la nuit tombée et part aider ceux qui en ont besoin. Kitty aimerait bien l’imiter, mais elle a trop peur du noir. Jusqu’au jour où un chat vient réclamer de l’aide… Kitty prend alors son courage à deux mains et ose braver sa peur !

Une belle histoire pleine d’aventure et de bienveillance, qui parle de courage et d’entraide. Le texte est souligné par de belles illustrations.

A lire tout seul à partir de 8 ans.

Quarantaine, de Peter May

Dans une Londres isolée et paralysée suite à une épidémie meurtrière, MacNiel se voit confier une dernière enquête avant son départ de la police : des ossements d’enfants ont été découverts abandonnés dans un chantier.

Un policier haletant mené par un flic désabusé sur les traces d’une sombre machination, dans une ville en quarantaine.

Anaïs Nin, sur la mer des mensonges de leonie bischoff

Anaïs Nin est née en France de parents d’origine cubaine, « déracinée » après leur séparation en 1914, elle vit auprès de sa mère et ses frères et sœurs à New-York. Elle se marie au début des années 1920 avec Hugh Parker Guiler, jeune et prometteur banquier, et revient s’installer en banlieue parisienne à ses côtés. C’est là qu’elle fera la connaissance de Henry Miller…

Le parcours d’émancipation d’une femme hors du commun pour son époque et le milieu social auquel elle appartient. Jeune fille « de bonne éducation », Anaïs sent le manque et les limites qui la cloisonnent dans un personnage qui ne lui permet pas d’exprimer les différents aspects d’une personnalité complexe et profondément sensuelle.

Indissociable du « Journal » auquel elle s’astreint quotidiennement, sorte de miroir libérateur et sublimant de celle qu’elle aspire à être, elle s’ennuie et s’enlise pourtant dans un rôle d’épouse.

« Si je ne me crée pas un monde par moi-même et pour moi-même, je mourrai étouffée par celui que d’autres définissent pour moi. »

Sa rencontre avec Henry Miller agit comme une naissance à elle-même et libère à la fois la femme et l’auteur que nous connaissons aujourd’hui.

Des amants, des maîtresses, une sexualité sulfureusement épanouie, l’inceste, la danse, l’expérience de la psychanalyse et l’écriture, toujours l’écriture jalonnent ce portrait d’une femme libre, indifférente aux tabous et tumultueusement inspirante…

« Je peux maintenant aimer un homme comme un égal. Comme un amant et un créateur. Et je choisis d’être moi aussi le créateur.

Je ne serai jamais parfaite.

Je ne serai jamais une seule femme, ou l’amante d’un seul homme.

Je vais vivre ces multiples vies, explorer les milles facettes de mon être, et vivre avec passion, de toutes mes forces. »

Le dessin de Léonie Bischoff semble cousu sur mesure tant il est difficile en refermant ce roman graphique de ne pas imaginer la véritable Anaïs Nin telle qu’elle apparaît dans ses pages. Son coup de crayon sublime l’imagerie et les couleurs des années 1930, et l’érotisme et la sensualité qui se dégagent de ses planches sont d’une beauté lumineuse.

Un immense coup de cœur…

https://www.franceinter.fr/emissions/une-journee-particuliere/une-journee-particuliere-11-octobre-2020