Archives de catégorie : ♥ Le choix de la libraire ♥

Une femme aimée d’Andreï MAKINE

Un cinéaste russe s’éprend de Catherine II et se plonge dans les moindres détails de la vie de cette femme aux multiples visages. Tsarine éclairée mais despotique, féministe avant l’heure et nymphomane, amie des philosophes et ennemie de leurs idées révolutionnaires, épouse rejetée, mère, amante, régicide… Il veut montrer la femme cachée sous la couronne, le désastre de l’intimité derrière l’existence glorieuse, saisir les instants qui touchent à la vérité d’un être tout en composant avec la censure et l’opinion publique.
Entre XVIIIe siècle et années 80, Makine rend avec brio hommage à la grande Catherine en nous montrant la Russie de la fin de l’Union Soviétique, et celle qui lui a succédé.
Un livre magnifique.

Les mondes de Chrestomanci de Diana WYNNE JONES

 

 

A chaque temps fort de l’Histoire, le monde s’est scindé en deux possibles. Neuf mondes parallèles coexistent ainsi sans le savoir, où chacun à des alter egos. Seul Chrestomanci n’existe que dans un des mondes, ce qui lui permet de passer sans trouble de l’un à l’autre et le dote de neuf vies. Certains lieux sont industrialisés, d’autres pas encore, certains sont emplis de magies et d’autres en sont dépourvus ; tous sont le terrain d’aventures étranges dans lesquelles Chrestomanci fini par intervenir pour apaiser la situation.

Des romans riches, drôles, rythmés et de rare qualité qui mettent en scène des personnages attachants qui nous emportent dans leurs aventures.

Chaque tome peut se lire complétement indépendamment.

La grand-mère de Jade, de Frédérique DEGHELT

Une jeune femme prend sa grand-mère chez elle pour lui éviter la maison de retraite. Elles se découvrent dans cette intimité nouvelle : derrière la petite-fille et la grand-mère se cachent des femmes pleines de surprises, de rêves et de doutes.
Un très beau texte au ton juste qui bouscule les certitudes et donne à méditer : connait-on vraiment ceux qui nous sont proches ?

Mamie Luger, de Benoit Philippon

Lorsque l’inspecteur Ventura reçoit Berthe en salle d’interrogatoire, il n’imagine pas que sous ses dessous de gentille et fragile grand-mère, elle cache un franc-parler revigorant et un passé haut en couleur. Au fil des heures elle mène la danse et déroule, entre confession et règlement de compte, le fil de son existence où se succèdent les époux et les cadavres, un nazi ou encore des meurtriers en cavale.

Un réjouissant portrait au vitriol d’une femme qui en a bavé, mais ne s’est pas laissé faire, féministe avant l’heure.

Si mon témoignage peut inciter des filles à ne pas faire de conneries et des bonhommes à être un peu moins cons, ce sera ma petite pierre laissée à l’attention de l’humanité.