Tous les articles par La libraire

La différence invisible, de Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

Depuis toujours Marguerite se sent différente, en décalage avec les autres. Avec ses amis, sa famille, au travail, elle lutte contre ses peurs et ses habitudes pour maintenir les apparences de “normalité”. Jusqu’au jour où elle est diagnostiquée autiste Asperger. C’est le déclic. Un nom sur son mal-être : “il est normal qu’elle soit anormale”.

Commence alors une nouvelle vie où elle se découvre, s’accepte, affirme sa différence et la confronte aux multiples réactions de son entourage personnel comme professionnel.

Un très beau récit, touchant et émouvant, qui ouvre les yeux sur l’autisme et plus généralement sur toutes les différences invisibles. Une invitation à la compréhension et à la tolérance.

La tresse, de Laetitia COLOMBANI

En Inde, Smita quitte tout pour que sa fille échappe à sa condition d’intouchable et apprenne à lire. En Sicile, Julia découvre que l’atelier familial est ruiné. Au Canada, Sarah élève seule ses trois enfants en menant une brillante carrière d’avocate lorsque la maladie la frappe.

Trois destins liés de femmes fortes qui vont se battre contre la société pour vivre et garder leur liberté.

Le chant des souliers rouges, de Mizu SAHARA

Kimitaka aime le basket mais sans y exceller. Takara veut danser mais son grand corps élancé ne s’y prête pas. Deux collégiens aux passions contrariées qui se croisent un soir de désespoir et échangent pour ne pas les jeter leurs chaussures de sport.

Ils se croisent devenus lycéen. Voyant Takara s’épanouir dans le basket, il décide de suivre son exemple et tenter sa chance dans le flammenco.

Un changement qui l’aidera, peut-être, à se trouver lui-même.

No home, de Yaa GYASI

Ghana, XVIIIe siècle. Jeune femme Fanti, Effia a épousé un officier blanc. Dans les cachots du fort, sous ses pieds, sa demi-sœur Esi réduite en esclavage attend d’être expédiée aux Etats-Unis. 
De la traite des esclaves à nos jours, on suit le parcours de deux branches d’une même famille, l’une restée en Afrique et l’autre emmenée aux Amériques. Chaque génération voit le monde évoluer et nous offre un panorama de trois siècles d’histoire du peuple africain. 
Un roman passionnant porté par une succession de personnages forts soumis aux aléas de l’Histoire.

Jeu blanc, de Richard WAGAMESE

En pleine rémission, Saul Indian Horse revient sur son passé et affronte la dure vérité qu’il a tenté de noyer dans l’alcool. Sa petite enfance protégée par sa grand mère, entouré des légendes et traditions ojibwés, puis son adolescence à l’orphelinat avec les terribles sévices subis et le hockey qui le sauve de l’horreur. Et toujours, quoi qu’il fasse, le racisme des blancs envers les indiens.

Un récit juste, touchant et plein de forces, qui prend aux tripes. C’est l’histoire d’un peuple opprimé et le récit du long processus de reconstruction de soi.

Boudicca, de Jean-Laurent DEL SOCORRO

Le récit nous emmène par petites touches sur les traces de Boudicca, guerrière celte et reine des Icères qui a lutté contre les romains, mais qui est aussi femme, mère et amante. 
 
Par une écriture subtile, l’auteur nous esquisse les multiples facettes de cette femme libre sur fond d’histoire du peuple celte et nous emporte dans ce passé dont certains enjeux ont un écho très contemporain.

L’homme semence, de Violette AILHAUD

Après le soulèvement républicain de décembre 1851, tous les hommes d’un hameau de Provence sont emmenés. Les femmes restent seules, isolées, s’organisent et s’entraident autour de ce manque de maris, de pères, d’amants. Jusqu’au jour où un homme arrive et les confronte à leur serment de partage.

Un texte bref mais puissant sur un événement oublié de l’histoire, mais surtout un texte de femme car celle qui l’écrit est une jeune fille privée de son premier amour, pleine d’attente, de rêves et de désirs et vide de ce manque grandissant de ce qu’elle ne peut encore qu’imaginer.

L’art de perdre, d’Alice ZENITER

Ali naît pauvre en Kabylie ; par un coup du destin il trouve fortune et devient un homme important dans son village. Mais l’Algérie française touche à sa fin, la guerre éclate et Ali et sa famille se réfugient en France.

Là son fil Hamid grandit en se coupant de ce passé algérien qui plane au dessus de la famille.

De nos jours, sa fille Naïma, frappée par les questions identitaires de notre société, tente de revenir sur cette histoire familiale entourée d’une chape de silence.

Un beau roman qui, à travers trois génération, peint un portrait de ces algériens français, ces harkis, qui ont quitté leurs terres pour une France où ils s’intègrent difficilement.

Une écriture puissante qui soulève des questions de sociétés et parle de tolérance, d’intégration, du poids de l’héritage et de la volonté de s’en défaire pour être soi.

Le roman vient d’être récompensé par le prix Goncourt des lycéens, une belle distinction.