Tous les articles par La libraire

Ces jours qui disparaissent, de Timothé Le Boucher

L’album s’ouvre sur une représentation acrobatique au dessin sobre et plein de poésie. Lubin est acrobate. Il chute, sans gravité. Mais après cela il ne vit plus qu’un jour sur deux. Chaque matin lorsqu’il se réveille, une journée complète s’est écoulée sans lui. Une autre personnalité prend possession de son corps en alternance, avec son caractère et ses ambitions propres. Ils entrent en communication pour s’organiser, gérer leur corps commun et leurs vies si différentes. Mais bien vite une lutte s’engage…

Un roman graphique magnifique, thriller fantastique et psychologique, poignant et bouleversant. Mais aussi une réflexion sur l’identité et une invitation à profiter du moment présent.

La balade en eaux ivres de lumières, par Kaimé

“Le monde civilisé, technologique, démocratique, occidental, s’est effondré. les populations des grandes villes des anciens pays, après un exode de plusieurs décennies vers les bunkers de New Groenland, vivent sous la coupe de régimes militaires tyranniques. Le reste des territoires, abandonné à son sort, est revenu à l’état sauvage. Mais pour nourrir les citadins, il est impératif de retrouver des manières naturelles de cultiver. Des paysans éclaireurs sont délégués pour redécouvrir ces méthodes. “

Cette vision d’un avenir pas si lointain ni incertain nous pousse à reconsidérer dès aujourd’hui, entre réflexion et invitation à l’échange et au partage, notre rapport à la nature, ainsi qu’à porter un œil neuf sur la beauté et la richesse de nos campagnes. Une magnifique ballade dans la vallée du Jabron dont on reconnait avec plaisir les paysages.

Une promenade dessinée dans notre région, vers « la construction rêvée d’un monde plus harmonieux, fraternel, et en accord subtil et respectueux de son patrimoine, de la nature et du vivant. »

Ma vie de courgette, de Gilles Paris

Après un malheureux accident qui coûte la vie de sa mère, le jeune Courgette est emmené aux Fontaines, foyer qui recueille les enfants blessés par la vie.
Ces petits durs aux cœurs tendres forment une bande de joyeux copains qui apprennent à vivre ensemble.
 
Un récit touchant, piqué d’humour et de tendresse, qui montre le monde à travers les yeux d’un garçon cabossé mais débrouillard et plein d’optimisme.

Le roi des fauves, d’Aurélie WILLENSTEIN

La famine qui frappe durement le pays pousse trois adolescents dans les forêts du Jarl en quête de gibier. Mais le jeune seigneur les surprend en plein braconnage et la rencontre dégénère. Ils regagnent leur village, taisant leur mésaventure, Les jours passent, dans l’attente de représailles, jusqu’à ce que leur crime les rattrape et les condamne à un sort pire que la mort. 
 
Roman d’aventure et d’initiation original sur les traces de trois adolescents confrontés à la dureté et aux injustices, qui vont être condamnés au pire et vont devoir surmonter les épreuves, à commencer par la solidité de leur amitié et de leur humanité…

Juste après la vague, de Sandrine Collette

Une vague immense recouvre tout. La famille se retrouve isolée sur sa colline devenue petite île. Ils s’organisent, attendent. La décrue. Mais voilà, l’eau monte. Il faut partir. Sur la barque que le père a réparé, il n’y a pas de place pour tous, les neuf enfants et les deux parents. Alors il faut choisir. C’est dur, mais ils reviendront les chercher ensuite. Si bien qu’un matin trois enfants se réveillent seuls, abandonnés. Ils vont devoir se débrouiller en attendant le retour des parents, ils ont promis. Mais le temps passe et l’eau monte. Pour le reste de la famille, entassés sur une barque, commence un long et périlleux voyage vers les hautes terres épargnées par la mer. 

Un roman dont la catastrophe sonne comme une menace proche et qui met en scène, sans pathos, l’horreur des choix imposés par les situations extrêmes pour la survie, l’abandon mais aussi la force de la fraternité et de l’amour familial. 

Trois fille d’Eve, d’Elif Shafak

Lorsqu’on tente de voler son sac à Peri, elle retombe sur un ancien Polaroid. La violence du souvenir plus que celle de l’agression la perturbe. Alors que cette femme turque rejoint la mascarade d’un dîner bourgeois qui regroupe la crème de ses compatriotes stambouliotes, son passé d’étudiante à Oxford la confronte à la jeune fille qu’elle était alors, à ses conflits, choix et préoccupations, et surtout sa difficulté à trouver sa place entre un père laïc et une mère pieuse, puis entre deux amies, l’une iranienne émancipée et l’autre musulmane pratiquante et féministe.

Un texte qui fait la belle part aux femmes et à leur place dans une société partagée entre tradition et modernité.

Couleurs de l’incendie, de Pierre Lemaître

Marcel Péricourt vient de mourir. Madeleine, qui élève seule son fils, hérite de sa fortune. Mais bien vite l’accident de Paul et les mauvais conseils des financiers la conduisent à la ruine et à la déchéance. Dans l’Europe des années 30, menacée par la crise et la montée du nazisme, cette femme déterminée orchestre sa vengeance, prête à toutes les manipulations.

Un récit riche et joyeux qui nous plonge dans l’Histoire à travers le prisme des complots financiers et politiques, aux côtés de personnages hauts en couleurs et mémorables.

La différence invisible, de Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

Depuis toujours Marguerite se sent différente, en décalage avec les autres. Avec ses amis, sa famille, au travail, elle lutte contre ses peurs et ses habitudes pour maintenir les apparences de “normalité”. Jusqu’au jour où elle est diagnostiquée autiste Asperger. C’est le déclic. Un nom sur son mal-être : “il est normal qu’elle soit anormale”.

Commence alors une nouvelle vie où elle se découvre, s’accepte, affirme sa différence et la confronte aux multiples réactions de son entourage personnel comme professionnel.

Un très beau récit, touchant et émouvant, qui ouvre les yeux sur l’autisme et plus généralement sur toutes les différences invisibles. Une invitation à la compréhension et à la tolérance.